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À la Blue Pig Farm de Segré, les porcs charcutiers bio valorisent le pâturage

Premiers retours d’expérience d’un pâturage tournant par des porcs charcutiers sur des prairies diversifiées. Une expérience menée à la Blue Pig Farm chez Carl Sheard à Segré-en-Anjou-Bleu (Maine-et-Loire) dans le cadre d'un essai conduit sous l'égide du projet Valorage.
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  • Auteur : Justine Bonnery
-Si les couverts sont trop hauts sur le pâturage, les porcs les couchent et ne les valorisent pas assez. © Itab

Lors du Sommet de l’élevage 2022, Brieuc Desaint , chargé de mission sur les sujets monogastriques à l’ITAB, a présenté lors des BioThémas, les premiers retours d’expérience du projet Valorage, un pâturage tournant par des porcs charcutiers sur des prairies diversifiées.

Dans le cadre du projet Valorage, plusieurs fermes pilotes mènent des essais sur différentes pratiques d’utilisations des fourrages. Parmi les quatre fermes porcines sélectionnées, figure la Blue Pig Farm de Carl Sheard à Segré-en-Anjou-Bleu (Maine-et-Loire) où se déroule l’essai sur des porcs charcutiers en engraissement.

La Blue Pig Farm est un élevage naisseur-engraisseur biologique de 45 truies, avec une partie maternité en plein air et un engraissement effectué en bâtiment sur paille. Les essais ont été mis en place sur des parcelles d’agroforesterie et ne concernent que la phase de finition à partir de 15 semaines d’âge. Les motivations économiques, pour la qualité de carcasse et sur le bien-être animal, ont pour stratégie d’améliorer l’autonomie et de réduire le coût alimentaire.

Accès aux parcours fourragers pour les porcs rationnés

Le lot témoin des porcs restés dans le bâtiment sur paille a reçu une conduite alimentaire dite classique ; le lot essai a consisté en une conduite alimentaire rationnée incluant des parcours fourragers afin de compenser la diminution de la ration d’aliment.

Pour le dispositif Valorage, le choix s’est porté sur des espèces fourragères pérennes pour plusieurs raisons : le coût d’implantation d’une prairie amorti sur plusieurs années, la possibilité de plusieurs conduites entre pâturage et récolte et la pertinence dans la rotation d’intégrer des prairies. Cependant, cela implique une bonne gestion du pâturage pour la préservation du sol puisque les porcs vont venir plusieurs fois au même endroit. « On ne peut pas se permettre que les porcs abîment le sol et qu’ils mettent en péril la prairie ou son potentiel de récolte mécanisé », prévient Brieuc Desaint. Tout un équipement en matériel pour la récolte est également à prendre en compte avec l’apprentissage du pilotage de la prairie. « Il faut apprendre à savoir gérer une prairie, la conduire et réaliser du pâturage avec ses animaux. »

Le mélange choisi dans le cadre de l’essai sur une prairie très diversifiée était …

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Un couvert bas et appétant est conseillé. © Itab

 

Valorage propose trois actions pour la valorisation des fourrages et parcours riches en protéines  Les enjeux réglementaires comme le passage à l’alimentation 100 % biologique des animaux monogastriques au 1 er janvier 2022, les attentes sociétales en matière de bien-être animal et de confiance du consommateur ou encore la limitation du recours au soja via la production de protéines locales font partie des multiples enjeux dont le projet Valorage s’est saisis au travers de trois actions pour la valorisation des fourrages et des parcours riches en protéines par les monogastriques biologiques. Action 1 : enquête de terrain pour mieux connaître les pratiques en élevage. Action 2 : caractérisation des valeurs nutritionnelles des fourrages. Action 3 : essais des conduites sur des fermes pilotes.
« Le contexte en porcs bio aujourd’hui est compliqué, c’est un projet qui se porte sur un temps long et qui tente de répondre aux attentes par rapport aux enjeux qui arrivent au niveau de l’agriculture biologique. On a bien conscience qu’aujourd’hui, dans le contexte actuel de la filière porcine, ce n’est pas un sujet qui va résonner auprès des éleveurs dans les mois qui arrivent », admet Brieuc Desaint, chargé de mission sur les sujets monogastriques à l’ITAB.