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Le soja risque de coûter très cher cet hiver

Les entreprises de nutrition animale tirent la sonnette d’alarme. Elles disent « manquer cruellement de visibilité quant à l’offre qu’elles pourront proposer aux éleveurs en 2025 », annonce le Snia par voie de communiqué de presse.
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  • Auteur : Françoise Foucher
-©Junior Gobira / AdobeStock

En cause : l’entrée en vigueur du règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts , dit « RDUE », prévue au 30 décembre 2024 et pour laquelle les conditions de son application demeurent dans un flou inquiétant.

Les fabricants français d’aliments pour animaux se sont d’ores et déjà organisés, pour qu’au 1er janvier 2025, 100 % des aliments composés contiennent uniquement du soja non issu de zones déforestées après 2020 . Ce qui coince ce sont les délais envisagés par la Commission européenne pour fixer les modalités d’application du texte : «  L’annonce des modalités d’application et de contrôles ne peut en effet attendre le renouvellement du Parlement européen, le calendrier politique n’étant pas celui de la réalité économique  » prévient le Snia.

Cotations suspendus, approvisionnement impossible

Dans l’incertitude des modalités d’application du RDUE, notamment sur les moyens de certifier le soja importé non-déforestant, la majorité des importateurs, fournisseurs, ont suspendu leurs cotations et leurs clients, fabricants d’aliments pour animaux d’élevage, ne disposent que d’informations très partielles et insuffisantes sur les quantités à disposition. Les entreprises sont donc dans l’impossibilité de s’approvisionner en produits de soja, essentiels à la fabrication des aliments composés pour animaux, à leur qualité et pour tous les types d’élevages, qu’ils soient conventionnels, « sans OGM », Bio, etc.

Les fabricants d'aliment rappellent : «  l’accès à ces matières premières, dont la production européenne reste insuffisante pour couvrir les besoins, est fondamental à la compétitivité économique des filières d’élevage en France et en Europe ». Ils pointent le risque que fait courir cette situation : «  Dans un contexte de forte volatilité des cours depuis quelques semaines, les fabricants sont soumis à un risque d’explosion des tarifs.  »

D'après le communiqué de presse du Snia du 06/06/24

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