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Maternité : en avant toute vers la liberté

La chambre d’agriculture de Bretagne avait choisi, pour sa journée technique du 9 décembre dernier, le thème de la maternité liberté. Un enjeu de taille pour la filière porcine commenté par David Riou et Thierry Marchal.
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  • Auteur : Françoise Foucher

David Riou, éleveur à Plouvorn (29), membre du conseil d’administration de l’interprofession Inaporc et co-président du comité RSO Demain le porc, a rappelé que le premier but de la démarche RSO est de valoriser ce que la filière fait déjà mais aussi de dessiner l’avenir de la filière et lui donner des objectifs : « L’avenir est instable, il y a beaucoup d’incertitudes dans nos métiers, mais nous devons nous inscrire dans le temps long et réfléchir à notre production pour demain. »

50 % de truies en maternité liberté à horizon 2035

David Riou, éleveur à Plouvorn, membre du conseil d'administration de l'interprofession Inaporc et co-président du comité RSO,

David Riou, éleveur à Plouvorn (29), membre du conseil d’administration de l’interprofession Inaporc et co-président du comité RSO Demain le Porc,

Dans sa déclinaison opérationnelle, cette démarche annonce 50 % de truies en maternité liberté et verraterie liberté à horizon 2035. « Nous sommes en train d’anticiper la réglementation : nous prenons les devants car nous sommes face à un besoin de renouvellement de bâtiments maternité. En l’absence de réglementation, c’est important de protéger les pionniers, ceux qui auront tenté l’expérience avant qu’une réglementation en fixe le cadre, c’est pour cela que nous demandons une transition longue. »

« On voudrait renouveler l’approche qu’on a eue pour les gestantes en liberté, rappelle Thierry Marchal, éleveur à Sizun (29), président du Groupe de travail porcs des élus de la chambre d’agriculture de Bretagne. La réglementation avait été négociée dans les années 2000 pour une application en 2013. Et, 13 ans avant, tout le monde connaissait exactement la date butoir, les surfaces et les modalités d’application. »

Dans les points toujours en discussion, David Riou cite « la possibilité de garder la truie en contention à certains moments de la lactation, ou en verraterie ».

Aiguiller les décideurs politiques

Thierry Marchal, éleveur à Sizun, président du Groupe de travail porcs des élus de la chambre d'agriculture.

Thierry Marchal, éleveur à Sizun (29), président du Groupe de travail porcs des élus de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Thierry Marchal insiste sur le travail préalable à la réglementation : « La profession, au travers des chambres d’agriculture et de l’Ifip, réalise des enquêtes sur le terrain, au sein du programme Welfarmers, par exemple. L’idée est d’alimenter la discussion à la Commission européenne et aiguiller les décideurs politiques en leur apportant des exemples et des données issues du terrain. Nous sommes en recherche de témoignages et de bonnes pratiques qui servent à alimenter les débats réglementaires. Ces programmes de recherche sont financés par des fonds européens auxquels prétendent aussi les associations animalistes qui ont pour objectif de supprimer l’élevage. Ce sont des choix politiques. »

Un besoin de soutien des pouvoirs publics

Le passage de tout le cheptel reproducteur porcin en liberté a été fixé à 2 Mds € : « Il est évident que nous attendons aussi le soutien des pouvoirs publics pour nous aider dans cette transformation », concluent les deux éleveurs.