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SIA 2026 : un manifeste viandes blanches présenté

Lundi 23 février, les interprofessions des viandes blanches ont présenté leur manifeste commun à la presse au Salon de l’agriculture.
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  • Auteur : Yanne Boloh
De gauche à droite les présidents des interprofessions : Fabien Chevalier (foie gras), Yves-Marie

De gauche à droite les présidents des interprofessions : Fabien Chevalier (foie gras), Yves-Marie Beaudet (œufs), Philippe Bizien (porcs), Jean-Michel Schaeffer (volailles de chair et lapin)

Si le porc et la volaille se chamaillent sur la place relative de 1ère viande consommée en France, à plus de 31 kg par an chacune, les deux productions s’entendent pour réclamer de concert des mesures fortes et des actions concrètes attendues des pouvoirs publics pour les accompagner dans la reconquête ou le maintien de la souveraineté alimentaire du pays.

À l’occasion du SIA, les interprofessions du porc, des volailles de chair, des œufs, du foie gras et du lapin ont tenu à présenter leur démarche commune avant de donner leur feuille de route à la ministre de l’Agriculture. L’idée étant ici de libérer le potentiel de production et d’investissement des filières plutôt que de chiffrer les besoins de financement pour demander à l’État de les couvrir. Philippe Bizien, président d’Inaporc, rappelle que les éleveurs, les coopératives et les transformateurs ont envie de produire et sont capables de mobiliser les 5 milliards d’euros nécessaires sur les 10 prochaines années pour reconquérir la souveraineté : ce qui équivaut à la construction de 100 élevages de 300 truies en moyenne par an, sans oublier les reprises et les rénovations des bâtiments d’élevage plus anciens. Et 2 milliards d’euros pour le maillon transformation et charcuterie. Car dans ce secteur aussi, la succession est un point clé. Aussi, les filières des viandes blanches demandent le rétablissement de mesures du pacte Dutreil pour faciliter les transmissions. 

Par ailleurs, le cadre réglementaire imposant aux éleveurs des règles similaires à celles de l’industrie bloque les volontés d'investir, selon le président d’Inaporc. « Les éleveurs sont réticents d’où notre demande d’un régime spécifique ICPE », insiste-t-il. Même chose au niveau européen le manifeste demandant d'exclure les élevages de viandes blanches des IED. 

Pas de surtransposition de la réglementation européenne en droit français, modernisation des législations sur la bientraitance animale, simplification des procédures pesant sur les entreprises, réduction des charges (écocontributions et redevance de l’eau…) et absence de nouvelles taxes, mise en place d’un dispositif de surinvestissement ciblé pour soutenir les investissements productifs et dérogation de circulation.. Le manifeste des viandes blanches passe en revue une somme de mesures qui ne « coûteraient pas, mais libèreraient les investissements ».

Sur le plan de la consommation, la demande des interprofessions des viandes blanches reste toujours l’indication de l’origine pour tous les types de produits (frais comme transformés) et tous les lieux de consommation. Toutes ces filières sont vent debout contre les accords commerciaux européens sans clauses miroirs et sans contrôles à l’origine.

Elles proposent aussi de travailler sur l’image des produits : tout d’abord en rendant obligatoire une information objective sur l’élevage avec de vrais investissements sur l’éducation alimentaire à l’école. Puis, dans les formations agricoles, de rendre obligatoires des formations sur l’élevage et la transformation des viandes blanches.