Les entreprises de charcuterie traiteur souffrent toujours de marges trop faibles
À la suite de l’étude de la Banque de France 2025 sur la situation économique des entreprises de charcuterie, la Fict alerte sur 3 points essentiels.
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Auteur : Anne-Solveig Aschehoug
Selon le dernier rapport de la Banque de France 2025, sur la situation des entreprises de charcuterie traiteur, 1/4 des entreprises sont déficitaires et le résultat courant avant impôt n’est que 2 % en 2024 contre 3,9 % pour les industries agroalimentaires, soit une baisse de 30 % par rapport à 2020. « Nous sommes bien loin des 5 % dont ont besoin les entreprises pour financer leur modernisation et les transitions écologiques et énergétiques », note le communiqué de la Fict.
La Fict rappelle que « l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) a pointé que la distribution avait un taux de marge nette sur le rayon charcuterie de 8,2 %, soit 7 fois plus que la moyenne des rayons étudiés (1,1 %) ».
La fédération des entreprises françaises de charcuterie traiteur ajoute : « 83 % des entreprises de notre secteur ont plus de 20 ans d’ancienneté (…). Cette spécificité du secteur, révélatrice du savoir-faire charcutier traditionnel, implique la forte nécessité de moderniser les outils de production pour rester compétitifs, de mettre aux normes sanitaires et incendie et d’adapter les postes de travail afin de réduire la pénibilité pour les salariés. Elles font également face à d’énormes besoins d’investissements pour répondre au défi de la transition écologique : décarboner les industries, écoconcevoir les emballages, optimiser la gestion de l’eau… »
Enfin, le rapport de la Banque de France met en lumière le fait que « 38,5 % des dirigeants des entreprises charcutières ont plus de 60 ans. Leur capacité à transmettre leur entreprise est une préoccupation majeure pour la pérennité du secteur et de la filière porcine en général, car 75 % de la production porcine française est transformée en charcuterie. » La Fict s’interroge : « Comment espérer transmettre une entreprise et trouver un repreneur si : la rentabilité n’est pas au rendez-vous et qu’elle n’a pas pu réaliser les investissements de modernisation nécessaires ? »
Christiane Lambert, présidente de la Fict s’alarme : « La pérennité des entreprises de charcuterie est aujourd’hui en jeu. (…) J’en appelle à la responsabilité des distributeurs afin qu’ils tiennent compte de la grande fragilité des entreprises de charcuterie lors des prochaines négociations commerciales et qu’ils cessent de contourner les lois Egalim et de commercialiser toujours plus de produits de charcuterie étrangers (20 % des références en rayon selon l’étude Inaporc de 2024). J’en appelle aussi aux pouvoirs publics pour alléger les charges pesant sur les entreprises et faciliter les reprises, notamment en maintenant le pacte Dutreil, levier indispensable pour assurer la transmission du patrimoine industriel. Sinon c’est un maillon essentiel de la transformation des viandes qui sera affaibli durablement avec des conséquences sur le long terme pour l’ensemble de la filière. »