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Rayon charcuterie : la Fict demande aux distributeurs de baisser leurs marges

Au nom des 300 entreprises de charcuterie, la Fict dénonce : « le rayon charcuterie est le premier contributeur de marges pour les distributeurs ».
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Anne-Solveig ASCHEHOUG
-Crédit photo : AdobeStock

Selon la Fédération des entreprises de charcuterie et traiteur (Fict) , qui reprend les chiffres du rapport de l’Observatoire des prix et des marges, en 2023, le rayon charcuterie est « le rayon qui génère le plus de marge pour les distributeurs : le taux de marge du rayon a augmenté de 40 % entre 2020 et 2021 . » La Fict espère donc « compter sur l’esprit de responsabilité des distributeurs pour qu’ils acceptent de répercuter les surcoûts subis par les entreprises de charcuterie et de diminuer leurs marges afin de sauvegarder la viabilité économique de leurs fournisseurs tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs », déclare Martine Leguille-Balloy, présidente de la Fict . La contribution du rayon charcuterie à la marge nette des distributeurs a augmenté de + 50 % passant de plus de 400 millions d’euros en 2020 à près de 700 millions d’euros en 2021.

La marge a baissé sur le jambon cuit mais pas sur les autres pièces

Si l’Observatoire des prix et des marges relève que la marge des distributeurs a baissé de 18 % en 2022 sur le jambon cuit supérieur en libre-service, cette baisse est à mettre en regard de la hausse de 50 % de la marge nette apportée aux distributeurs entre 2020 et 2021 par l’ensemble des produits de charcuterie. Selon la Fict, il est donc indispensable que ce mouvement de baisse de marge initié par les distributeurs en 2022 sur le jambon cuit supérieur, se confirme sur l’ensemble des produits de charcuterie (..) et qu’il se poursuive pour permettre aux entreprises de charcuterie de retrouver des marges essentielles à leur viabilité économique.

Le prix de la viande c’est 50 % du coût de fabrication

Aussi, la Fict demande « une plus juste répartition des marges indispensable face aux difficultés économiques des entreprises de charcuterie ». Ces entreprises sont confrontées à des hausses de 10 à 25 % des prix des pièces de découpe de porc depuis début 2023 et n’ont pas d’autre choix que de répercuter ces coûts, sachant que le prix de la viande représente plus de 50 % du coût de fabrication d’une charcuterie.
Le secteur compte déjà 17 défaillances et selon un sondage auprès des entreprises adhérentes de la Fict, les trésoreries se sont dégradées de 20 % à 75 %. Et les résultats d’exploitation sont en baisse de plus de la moitié et sont même négatifs pour de nombreuses entreprises.